29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:38

J’ai un problème avec le manque. J’essaie d’avoir toujours en double les choses importantes, au cas où elles cassent et où je n’arrive pas à gérer leur manque. J’ai un casque neuf à la maison pour le jour où l’actuel va me lâcher – affronter l’extérieur sans musique dans les oreilles, trop dur. J’ai deux anticernes, deux mascaras, quinze baumes à lèvres, un tube de shampoing, après-shampoing, gel douche d’avance. Deux pinces à épiler. Deux vibromasseurs. Pas mal de culottes et soutien-gorge en double. Deux fois la même robe noire à dentelle. Deux fois le même rouge à lèvres rose, mon préféré. Limite si je n’achète pas tout direct en double, juste au cas où.

Au cas où quoi au juste ? Au cas où la chose tant aimée ne fonctionne plus, soit cassée/déchirée/terminée ? C’est très prévoyant tout ça, c’est digne de quelqu’un qui gère une famille de six enfants, pas d’une célibataire vingtenaire. Les objets se cassent ou disparaissent tout le temps. C’est un peu le principe de la vie. Les choses sont éphémères, blabla. Même si je tombais en panne de shampoing ou de casque audio ce soir, je pourrais aller en acheter un demain en magasin ou sur Internet. Qu’est qui me terrifie tellement à l’idée de passer 24 heures sans un objet précis de mon quotidien ?

Il y a des ressorts dans mon cerveau que je ne comprends pas trop, que j’effleure seulement. Dit comme ça, posé rationnellement, ça paraît complètement absurde, comme comportement. Ça paraît parano, anxieux, psychorigide. La fille qui a trop peur de se laisser déborder par ses émotions et qui verrouille tout ce sur quoi elle peut exercer un contrôle : les objets. Qui essaie d’éviter toute source de contrariété, même petite, même gérable. Quelqu’un qui se méfie de lui-même.

Alors ma question d’aujourd’hui, cher psy virtuel, est très simple : comment pourrais-je jamais tomber sereinement amoureuse de quelqu’un, ou même m’attacher à lui ? Par sereinement, je n’entends pas plan-plan ou par défaut. Je veux dire sans crises d’angoisse la nuit, sans psychoter des heures sur un texto, sans bouffées de panique ou grand huit émotionnel. J'ai toujours essayé de développer des sentiments amoureux vis-à-vis d’amis, plutôt que vis-à-vis de totaux inconnus. Ça me rassure. Il n’y a pas la même pression, le même côté quitte ou double. Quelqu’un que tu rencontres directement dans un contexte de séduction, si ça ne fonctionne pas, si finalement l’un ou l’autre ne le sent pas, ou qu’il y un souci, tu ne le revois plus jamais. Du jour au lendemain, il peut ne plus répondre à tes textos, ne plus vouloir te voir, disparaître complètement de ta vie. C’est comme si ton casque était cassé et que tu ne pouvais pas en acheter un autre. Il faut juste attendre que le temps passe et que tu te déshabitues de cet objet si chouette au quotidien.

Ce sont les possibles évanouissements dans la nature des gens que je côtoie qui me paralysent. Il n’y a pas la même charge émotionnelle avec les amis; même dans des amitiés très fortes, il peut y avoir de longues périodes sans se voir, sans se donner de nouvelles. On sait que quand on va se retrouver face à face, ce sera comme avant. Mais il n’y a pas cette possibilité de respiration dans une nouvelle histoire qui commence. Il n’y a que tout ou rien. Soit vous vous voyez, soit vous avez prévu de vous voir bientôt, soit vous savourez le fait de vous être vus à l’instant. Il n’y a pas d’incertitude dans l’histoire installée, dans l’histoire qui se passe bien.

Dès qu’il y a un grain de sable dans la machine, par contre, c’est l’emballement. Si l’autre ne répond plus, reste flou, ne te propose pas une date à laquelle te revoir, c’est le début de la fin. Ca se trouve, le dernier texto que tu as envoyé, c’était le dernier jamais échangé. Ca se trouve, votre dernier baiser, un dimanche matin entre deux portes, c’était aussi le dernier. Peu importe, au final, à quel point tu es attaché à l’autre, à quel point tu as ou non des sentiments, même à quel point tu le connais bien. C’est la sensation de perdre le contrôle et d’avoir vu un fantôme qui est glaçante. Peut-être que tu as tout imaginé ? Peut-être qu’elle n’existait même pas, cette personne ? Peut-être que tu as inventé ces quelques rendez-vous, ces deux conversations autour d’un verre ?

Car les gens disparaissent. J’ose espérer qu’ils sont toujours de ce monde, qu’il ne leur arrive rien de grave. Mais en tous cas, ils disparaissent de ta vie. Du jour au lendemain, plus de nouvelles, c’est terminé. Tu te doutes bien que pour une raison ou pour un autre, l’autre n’était plus trop intéressé, plus trop sûr, plus trop motivé. Ça serait bien d’expliciter ces raisons, quand même. De la pure politesse. J’ai été rappelée à l’ordre une fois par un jeune homme que j’avais vu quelques fois, et qui s’étonnait que je fasse la morte comme ça. Si tu ne veux plus qu’on se voit, dis-le moi, c’est la moindre des choses. Effectivement, ça paraît plus sain. On coupe court à l’incertitude et à la sensation de flottement. Je pense encore à quelqu’un d’autre. Je n’ai pas l’impression que le courant passe spécialement entre nous. Je crois que je préfèrerais en rester là. Ça peut paraître cruel, mais je crois que c’est surtout la bonne chose à faire. Ça évite que l’autre en face se pose un millier de questions et garde un goût amer dans la bouche. Et surtout, ça évite qu’il redoute encore une disparition soudaine, un mystérieux tour de passe-passe. Ça rassure.

Du coup, comment éviter d’avoir mal quand les choses se cassent et qu’on ne peut pas les réparer ou en commander un nouvel exemplaire dans la minute ? Peut-être qu’il faudrait éviter de s’encombrer de toutes ces choses, d’abord. Peut-être les relations sentimentales ne sont-elles sources que d’angoisses, de questionnements, de doutes. Au début, du moins. Dans les phases où ce n’est pas encore clair que oui, vous formez un chouette couple, oui, vous avez le même niveau d’implication/de sentiments l’un l’autre, oui, il n’y en a pas un qui croit que c’est un plan cul et l’autre qui pense mariage. J’aimerais pouvoir faire avance rapide jusqu’à plus cinq ans, quand il n’y a plus de doute et juste de l’affection tranquille (et du sexe torride, mais c’est une autre histoire).

Mais en fait, les doutes ne partent jamais. Enfin c’est ce que je crois comprendre des relations qui m’entourent. Ils réapparaissent pour tout un tas de raisons propres à chaque couple, à différents stades de l’histoire. Parfois, même au bout de cinq, dix, trente ans, les doutes reviennent et bam, ton anticernes est vide et tu ne peux pas en racheter. Ça te rend d’autant plus dingue qu’en trente ans, tu t’étais un peu habituée à compter sur lui au jour le jour. Et là, tu dois réapprendre à faire sans lui.

J’imagine que c’est le principe même de l’amour, d’accepter de t’attacher à quelqu’un et de compter un peu sur lui, de différentes manières. C’est ça qui rend la relation si spéciale, le lien si fort. Quand les deux ont baissé la garde. Quand tu reconnais à l’autre la capacité de te faire du mal. Quand tu te confrontes à ton angoisse volontairement, juste pour le plaisir masochiste de te rapprocher d’une personne qui te rouera peut-être de coups un de ces quatre.

Le jeu de l'amour et du hasard, c’est un jeu où il y a tellement de perdants. Pas évident de se décider à y participer.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 17:30

J’ai réalisé un truc super cool sur ma vie ce week-end. J’ai réalisé que ma petite trajectoire personnelle avait parfaitement évolué dans le même sens que ma génération, et que j’étais à présent totalement en phase avec le monde qui m’entoure. Que je t’explique. Quand j’avais dix-sept ans, je passais le plus clair de mon temps à glander dans ma chambre en écoutant de la musique, en écrivant des nouvelles de SF et en rêvant à d’autres vies que la mienne. Je me sentais la pire des losers mais je me disais que c’était pas grave, parce que la vie allait se charger d’arranger ça. J’allais vieillir, devenir une adulte, quelqu’un à qui il arrivait enfin toutes ces choses sur lesquelles je fantasmais complètement à l’époque: des soirées déjantées, des histoires d’amour, des fringues de folie, des histoires de cul, une bande d’amis tous plus incroyables les uns que les autres, des histoires tout court. Bien sûr, en ce temps-là, je me couchais à 22h30 après avoir regardé On a échangé nos mamans ou Capital avec mes parents. Je traînais mon ennui et mes envies d’ailleurs tous les matins au lycée, où je contemplais la mâchoire virile de Thomas ou le rouge à lèvres parfait de Stéphanie pendant des heures. Le soir, je rentrais directement chez moi et je mettais Muse ou Pink à fond dans ma chambre en faisant semblant de faire mes devoirs. Comme j’ai la chance d’appartenir à la génération charnière entre X et Y, j’ai connu Internet, certes en 56k, certes poussif, certes sans Facebook, mais avec MSN et les discussions sans fin (jusqu’à 22h30, donc).

Ma vie avait ce goût permanent de décalage, d’inachevé ou plutôt de pas commencé, de brouillon, de papier calque. Quand est ce qu’elle allait commencer, la vraie vie ? Non parce que forcément, la vie, ça ne pouvait pas être ça. Ça ne pouvait pas être cette gangue d’ordinaire, cette somme d’habitudes et de petits gestes absolument banals. La vie, c’est forcément bien plus qu’une forme de routine. Non ?

Aujourd’hui, j’ai bientôt 27 ans. Oui, je sais, je ne suis pas si vieille que ça (sauf pour vous, les avortons de la Gen Y qui font n’importe quoi sur Snapchat). Mais quand même, dix ans de plus, ça marque. Si on m’avait demandé en terminale comment je m’imaginais à mon âge actuel, j’aurais dit ceci :
Ça me fera 27 ans, j'aimerais bien être sortie de Sciences Po, Hec ou autre lol... Avoir un mec sérieux pour une fois... Quelques très bons potes... Pas d'enfants encore ou alors juste un (lol). Un chat trop sympa. Un appart???? On a fait un pacte avec mon meilleur ami: de se marier à 27 ans si on n'est pas déjà marié chacun de notre côté. ??? On verra bien... C'était peut-être un pari stupide mais je l'appellerai forcément dans dix ans!!! Biz à tous.

Oui, je précise, on me l’a demandé, sur le forum d’un site pour étudiants qui s’appelle Etnoka (et qui visiblement existe toujours aujourd’hui, belle longévité !) J’ai retrouvé ce post en tapant mon pseudo de l’époque dans Google. Souvenirs, souvenirs. Je note avec effroi l’avalanche de lol et l’espoir touchant et fou à la fois que j’avais de « faire HEC », comme on dit. Sans parler du « biz » dont j’usais et abusais à l’époque. Bref. A part ça, je pense que ma vie aujourd’hui ne pourrait être plus éloignée de ma vision d’adolescente. J’ai fait une école de commerce un poil plus modeste. Je n’ai pas de chat. J’ai plein de bons potes. Je n’ai toujours pas de mec, sérieux ou non. Je n’ai évidemment pas d’appart (c’est pourtant pas faute de jouer régulièrement au loto). Je ne parle plus à mon meilleur ami depuis quelques années (mais peut-être que je l’appellerai tout de même histoire de savoir ce qu’il devient). Bref, la vie incroyable que je m’étais promise n’est toujours pas arrivée. Pas d’appart de dingue, pas de fringues de créateur, pas de métier super glamour ni de vie de folie entre Londres et New-York.

Et pourtant, aujourd’hui, je me sens bien dans cette vie qui est la mienne. Ce week-end, j’ai pas mal dormi, j’ai bu des coups avec des amis dans des bars tellement pas cool qu’ils en deviennent hipster. J’ai passé le dimanche après-midi avec mon asso de bénévolat, puis j’ai dîné chez une copine qui avait fait de la soupe de petits pois maison. Au milieu de tout ça, j’ai mangé du poulet au caramel acheté chez le traiteur en bas de chez moi, devant une improbable série anglaise et au milieu de mon canapé premier prix Ikea. J’ai fait une machine, de la vaisselle, et j’ai maté un peu de porno avant de m’endormir.

Alors bien sûr, ce n’est pas tout à fait ce que j’avais imaginé. Mais ça me rend plutôt heureuse, bizarrement. Et autour de moi, je ne connais pas vraiment de gens qui vivent the dream. Je connais un tas de gens passionnés, drôles, cyniques, curieux, ouverts, qui fument devant d’obscurs petits bars de Belleville ou qui cuisinent régulièrement. Des gens qui vont voir des expos des geeks et jouent à Lego Star Wars. Des gens qui se font des cinés le samedi soir et qui fêtent encore leurs anniversaires entre potes dans des gîtes à la campagne. Des gens à qui tu peux avouer sans honte ton marathon Game of Thrones du dimanche, ta soudaine passion pour 2084 ou ton besoin ponctuel de te coucher à 22h30, comme au bon vieux temps.

Et tu sais quoi ? Maintenant, quand je me couche à la même heure que quand j’avais 17 ans, je n’ai plus ce sentiment de vie ratée ou pas encore commencée. Je ressens plutôt une sorte de joie irrépressible : ça y est, j’ai atteint l’âge où il est acceptable d’être un loser socialement. Où ça devient même une sorte de norme. Ça ne m’empêche pas de péter les plombs de temps en temps et de me retrouver à six heures du matin à vomir dans le caniveau, mais je ne ressens plus cette forme de culpabilité et de honte quand je fais simplement ce que j’ai envie de faire, sans faux semblant.

Putain, je crois vraiment que j’ai vieilli.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:06

Hello le gens, bon je t’écris un peu en coup de vent, entre deux culottes et trois bilans comptables, mais je me suis dit que c’était mieux que de ne pas écrire du tout, donc here I am. Il fait super beau à Paris ces jours-ci, je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais moi ça me change la vie. Je peux venir à pied au boulot, je peux socialiser avec mes voisins commerçants sur mon pas de porte, je peux draguer le bel informaticien qui bosse en face. Bon, les clients doivent eux aussi être occupés à draguer quelque part vu qu’ils ne se pointent pas trop trop à la boutique. Mais je le prends avec philosophie.

C’est un peu mon mantra, en ce moment : prendre la vie avec philosophie. J’essaie de ne pas m’émouvoir de tout ce qui se passe autour de moi. Je fais le gros dos, quoi. Il faut dire qu’il m’en faut peu pour me surexciter. Pas plus tard qu’hier, j’étais dans tous mes états en recevant mes derniers bouquins commandés sur Amazon. Je suis d’un naturel sensible, tendu, à fleur de peau. En plus c’est le printemps, c’est le déferlement d’hormones dans la nature et autour de moi. Tout le monde choppe ou cherche à chopper, avec plus ou moins de réussite. C’est bien.

Le boulot c’est moins bien mais c’est bientôt mieux ; d’ici quinze jours, je récupère l’accessoire indispensable à tout entrepreneur : une stagiaire. Joie. Une jeune fille bien sous tous rapports que j’ai moi-même patiemment traquée sur Twitter. Non mais dans quel monde vit-on, je vous le demande ? Un monde où on doit aller soi-même pêcher les stagiaires potentiels en les rabattant dans nos filets. En tous cas on a signé la convention, elle arrive le 2 avril, j’ai tellement tellement hâte. Déjà parce qu’elle va tenir la boutique deux jours par semaine. Et aussi parce qu’elle va s’occuper de tout ce qui est com/CM/relations presse. Vu tout ce qu’elle raconte sur son Twitter perso, elle est naturellement douée pour échanger avec les gens. Elle a même eu un hashtag qui lui était consacré. C’est pas la classe ça ? Et le tout pour la modique somme de 440 euros par mois.

Mais en dehors du boulot, j’arrive quand même à avoir une vie et ça me réjouit. Je pars cinq nuits à Istanbul au mois d’août avec des amies. Je sais que c’est dans six mois mais ça ne m’empêche pas de compter les jours. On va bientôt enregistrer avec mon groupe de pop/punk/rock qui se cherche. On va passer quatre jours en studio pour produire deux titres qualité pro, comme ça on pourra démarcher les bars, les salles etc. Réservez déjà votre début du mois de Novembre, on va faire une première partie au Divan du Monde. Le « vrai » groupe fait du rock breton humoristique. Rien que pour ça, j’insiste : réservez votre début Novembre.

Sinon je fais plein de rencontres en ce moment. C’est étrange. D’habitude je ne rencontre jamais personne et c’est même mon principal motif de râlerie autour d’un verre le week-end. Mais comment veux-tu que je sorte avec quelqu’un, je rencontre jamais personne, pourtant c’est pas faute d’essayer, tiens regarde la preuve je suis dehors là tout de suite, et pourtant je suis pas en train de rencontrer quelqu’un ! L’univers s’est rarement montré collaboratif concernant les rencontres fortuites et j’avais d’ailleurs décidé de tirer un trait sur cette possibilité. Je veux dire, ça se saurait si on pouvait rencontrer quelqu’un comme ça dans un bar. Non ?

Et pourtant, avec toute la mauvaise foi et le bad timing qui le caractérisent, l’univers tente de me prouver que si, on peut encore rencontrer quelqu’un fortuitement à Paris aujourd’hui. A un anniversaire d’ami, par exemple. Sur Facebook. En fumant une clope dans la rue. Bon, après, faut pas forcément se poser trop de questions. Ne pas avoir trop de critères prédéfinis. Ne pas trop réfléchir. Oser adresser la parole à un inconnu avec ou sans alcool dans le sang. Ne pas s’émouvoir d’une tournure de phrase, d’une attitude, d’une sonorité de voix. Garder l’esprit ouvert. Prendre les rencontres avec philosophie, aussi.

Je ne sais pas si c’est inquiétant ou pas, le fait de s’émerveiller de rencontrer de totaux inconnus par hasard, à 26 ans. C’est comme si on m’apprenait que le Père Noël existe, en fait, même qu’il est juste là à fumer une clope dehors, va lui dire bonjour si tu veux. C’est agréable, de se dire qu’on peut parler à des gens nouveaux et intéressants, qu’on peut se mêler à des corps que l’on ne connaît pas, qu’on peut tenir une main nouvelle dans la sienne, plonger son regard dans celui d’une autre personne presque inconnue. C’est un peu grisant, on a l’impression qu’il n’y a plus de limites, vas-y je vais lui parler à lui si je veux, et elle aussi, et lui, et n’importe qui en fait. Vas-y, je peux rencontrer tout Paris si j’en ai envie, je suis ma propre limite et je peux me dépasser à l’infini.

Mais assez vite, c’est un peu paralysant, comme pensée. Mettons qu’on ne s’arrête jamais de rencontrer tous ces gens nouveaux, toutes ces voix, tous ces rires, toutes ces pathologies et ces névroses. Où tu stockes toutes ces personnes ? Tu les survoles, et puis tu les laisses s’envoler ? Tu les dissèques sans trop savoir pourquoi ? Tu creuses juste assez pour t’attacher un peu, et puis tu fais volte-face et tu bondis sur la rencontre suivante ? Ou alors tu erres dans l’espoir de trouver celui ou celle qui retiendra un peu plus longtemps ton attention, qui paralysera toutes tes entrailles en te faisant te dire C’est lui ou C’est elle. En attendant tu laisses aller, tu essaies de ne pas te poser trop de questions, tu regardes la rencontre se développer, hésiter, grandir, se flétrir, comme un processus sur lequel tu n’as pas de prise. Alors que d’un mot, d’une décision, tu pourrais couper net, mettre un stop à ce bourgeon de relation amicale ou amoureuse, couper les liens timides et ténus qui t’unissent à cette nouvelle tête de ton univers. Tu ne sais pas trop si tu as envie qu’ils se renforcent, qu’ils se multiplient. Tu ne sais plus. Tu laisses faire, dans le doute. Après tout, parfois ça commence comme ça. On n’est pas tous le produit d’un coup de foudre.

Heureusement, il y a les amis, les gens dont tu as choisis de t’entourer. Ils te connaissent dans tous tes états, l’excitation de la nouvelle rencontre, la joie du premier baiser, le stress du deuxième rendez-vous, le doute de la première semaine, la tristesse du début de la fin, l’amertume quand c’est fini, la rage quand on comprend qu’il va falloir recommencer. Comme les Pokemon, ils te regardent évoluer et passer par tes différents stades, sans s’émouvoir plus que ça, en gardant la tête froide et en te disant d’attendre, tu verras bien. Ne te pose pas trop de questions. Reste cool, bébé. Il faut donner du temps au temps.

Le temps est assassin et emporte avec lui le rire de l’enfance. Le temps c’est ce que tu plaques sur ton cœur d’adulte pour masquer l’absence de certitudes et de profondeur. J’ai l’impression parfois de ne plus avoir le temps et pourtant je m’applique soigneusement à le perdre, en suivant tous les chemins de traverse qui se présentent. La balade est belle et le paysage charmant. Mais je ne sais pas si ça va m’amuser longtemps.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 18:40

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 14:25

Qu’est ce qui me rend heureuse ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas si je l’ai jamais su. J’aimais bien des choses plus jeunes. Ecrire, chanter. Aimer bien, est-ce suffisant pour penser que quelque chose nous rendra heureux ?

Est-ce que des choses précises, des gens identifiés, peuvent nous rendre heureux ? Moi je croyais que le bonheur c’était un état d’esprit, dans une certaine mesure un choix. Attention, je sais bien que la vie n’est pas la même pour tout le monde et qu’il y a à la naissance et tout au long de l’existence une roulette russe du bonheur en fonction de ce qu’il t’arrive. Mais je pensais que le bonheur, c’était plus une question d’attitude. L’histoire du verre à demi plein, tout ça. Le fait de rebondir, de se montrer résilient, d’être optimiste et volontaire et dynamique et soucieux des autres, indépendamment des joies ou des chagrins qui jalonnent le chemin.

J’essaie d’appliquer cette recette, du coup. J’essaie d’être résiliente, bondissante, optimiste, volontaire, dynamique, soucieuse des autres. J’essaie, alors parfois j’échoue, sans aucun doute. Mais globalement, je deviens petit à petit cette personne qui s’implique, qui se lance des défis, qui veut aider son prochain, qui fait des projets. Je suis toujours estomaquée quand je me retourne de temps à autre sur le chemin parcouru depuis mes dix-sept ans, sur toutes les petites choses que j’ai accomplies et qui à ma hauteur me paraissent gigantesques. J'ai l'impression d'avoir déjà eu plusieurs vies. Je ne suis pas une amazone dans l’âme, vous voyez. Ce personnage de guerrière en armure qui franchit les montages est une pure construction de l’esprit. Je suis cette fille timide, tranquille, qui adore le monde des idées et des rêveries. Qui pense par images et par association d’idées. Qui ne pense même pas, qui se promène simplement dans un paysage intérieur, qui vit beaucoup dans sa tête.

Maintenant, je suis cette femme forte, qui a confiance en elle, qui veut faire bouger les choses, changer les gens. Qui fait des listes, qui suit un planning, qui organise tout. Quelqu’un d’analytique, de rationnel, d’efficace. Mais, par conséquent, quelqu’un d’exigent, d’abord envers elle-même. Quelqu’un de bouillonnant, qui a pris l’habitude de faire et qui comprend de moins en moins les inerties et les hésitations. Une fonceuse, malgré elle. Une fonceuse qui saute dans le vide sans se laisser le temps de réfléchir, car elle pense que c’est la bonne chose à faire.

La bonne chose à faire, le Bien, la morale. Une vie morale est-elle une vie heureuse ? Je continue à penser que c’est une vie réussie. Mais je ne sais pas si c’est ce qui apporte le bonheur. En même temps, je ne suis pas sûre que le bonheur doive forcément être l’objectif ultime de chaque être humain. Est-ce qu’il n’y a pas des choses qui dépassent le simple fait d’être heureux ? La réussite, la gloire, l’art, la morale donc ? C’est ce que je pensais. Je me suis donc infligée de devenir cette nouvelle personne, cet alter ego mû par des principes forts, presque rigides, élaborés après de longues réflexions pour déterminer la position morale à adopter sur chaque sujet. Un individu qui passe toutes ses actions et ses pensées au filtre de la moralité, du Bien. Je veux être la meilleure personne possible. Je l’ai dit, j’ai le complexe de Jésus. Je veux être mon propre sauveur, et me redonner moi-même foi en l’humanité. Si j’arrive à être une bonne personne, alors tout n’est pas pourri dans ce bas monde.

Je n’avais pas pensé à la vie de Jésus, en fait. A la vie au quotidien. Une vie réussie, une vie morale, ce sont des bilans de vie, des constats que l’on ne peut faire que post-mortem. Je ne saurais pas avant de mourir, ou peut-être avant d’être simplement très vieille, si j’ai vécu la vie que je souhaitais vivre. D’ici là, c’est le champ des possibles, une application de tous les instants, un rappel constant de l’objectif et une assiduité sans failles aux principes, aux règles, à cette image de moi que je souhaite incarner.

Et cette existence d’ascète dédié à son propre autel, je ne suis pas sûre qu’elle me rende heureuse.

Je pensais pourtant que le bonheur était le corollaire d’une vie morale et qu’il allait s’installer tranquillement au-dessus de moi comme un nuage bienveillant. Je dois avouer que ces dix dernières années, je me suis sentie plutôt heureuse. Je l’étais. Il y a eu des hauts et des bas mais je ne suis jamais tombée aussi profond qu’avant, et j’ai globalement pris de la hauteur. Ça m’atteignait de temps à autre, à des moments inattendus, toute seule dans la rue ou avant de m’endormir : Au fait, je suis heureuse. Je suis dans l’action, je deviens celle que je veux être, j’accomplis des choses et je m’améliore : le chantier progresse, et ça me rend heureuse. C’était ça la source de mon bonheur.

Aujourd’hui, je sens un changement. Je ne sais pas à quoi il est dû. Il est encore un peu vague. Mais je ne crois plus être faite pour la vie morale, la vie la plus pure possible. Je suis fatiguée. Et je crois que devenir cette personne me demande trop d’efforts, va trop à l’encontre de ce que je suis. Ça ne veut pas dire que je renonce à être une bonne personne, quelqu’un qui aime les autres, qui veut leur bonheur. C’est juste que je ne peux pas être tout ce que j’aurais voulu être. Je ne peux pas être à la fois écrivain, chanteuse, entrepreneuse, sportive, militante, bénévole, voyageuse, blogueuse, oiseau de nuit, cinéphile, glandeuse. Il faut faire des choix, dans la vie. C’est sans doute ça que je n’ai pas compris. Etre adulte, ce n’est pas essayer de devenir tout ce qu’on voudrait être. C’est savoir renoncer à certains alter egos pour en laisser s’épanouir d’autres. Peut-être que certains arrivent à être un tout, à tout développer, à vivre la vie dont ils ont rêvé. Moi je crois que je n’y arrive plus. Elle me fatigue trop, elle me noie. Je souffre de contraintes morales, logistiques, financières et temporelles que je me suis moi-même imposées.

 I wanted to live my life at its fullest. Tout voir. En faire le maximum, tout en sachant que ce ne sera jamais assez. Quand j’étais petite, le super pouvoir que j’aurais aimé avoir, c’était de m’incarner dans n’importe quel être vivant ou chose selon mon bon vouloir. Pour pouvoir tout expérimenter, tout vivre, tout sentir sans ne rien rater. Brin d’herbe, pierre, chat, dauphin, homme, femme, astronaute, hippie, PDG, ouvrier. Vivre d'autres vies que la mienne. Etre tous, même brièvement, même en passant, pour essayer de tout comprendre et tout savoir.

Mais en changeant de forme tout le temps, en restant malléable exprès, en m’imposant des changements de peau et des transformations à répétition, je finis par passer à côté du cœur de la condition humain : accepter d’être quelqu’un de limité. Accepter le fait qu’on ne peut pas tout faire, tout voir, tout comprendre. Accepter de n’être qu’un être humain, qu’une seule personne, et surtout de n’avoir qu’une seule vie. Une seule chance pour tout faire, tout en sachant qu’on ne pourra jamais tout faire, et que forcément, on va manquer des choses, on va en oublier, on n’en connaîtra jamais certaines. L’angoisse absolue. Je crois que cette perspective me terrifie. J’ai réussi à enterrer cette peur en me disant qu’au moins, j’en aurais fait le maximum, et si possible plus que la majorité des gens, que je me serai au moins approchée de l’ubiquité ultime.

Mais du coup, le reste de ma vie ne sera qu’une course contre la montre, un sprint à longues foulées qui n’en finit pas, tout ce qui m’entoure un flou artistique, et le plus important encore une fois dans ma tête. Je ne veux pas vivre ma vie enfermée dans mes propres conceptions, obligations, obsessions. Je veux être libre de prendre mon temps, ne pas essayer, renoncer, dire que je ne peux pas, que je ne veux pas. Je ne veux plus avoir autant de comptes à me rendre. Je ne veux plus m’imposer une telle pression.

 

Je veux juste être moi.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:56

Minuit. L’heure du crime. Ou du snack à base de Petits Ecoliers chocolat blanc, c’est selon.

Je suis à la page 30 de mon thriller de Caryl Ferey, quand soudain, le petit bruit distinctif dans la nuit : j’ai reçu un texto.

Sur l’écran, le nom qui s’affiche : le Mec, un garçon que je fréquente, comme dirait ma mamie. Un mec que j’aimerais bien baiser, comme je dis à mes amies. Un mec qui aimerait bien me baiser, comme dirait ma copine Anne. Bref, un jeune homme d’environ trente ans que je commence à peine à connaître.

Et sous son nom, sur l’écran de mon téléphone qui scintille doucement dans la pénombre, son message : Hello ! Tu fais quoi de beau ?

Je ne fais pas grand-chose de beau. Je dors à moitié. Je veux dire, je tourne les pages de mon bouquin de temps à autre mais mon corps tout entier s’est mis en mode off, lesté de tisane spéciale nuit tranquille et de Petits Ecoliers. Je comptais éteindre la lumière dans à peu près deux minutes. Le souci, c’est qu’il est vendredi soir. Et que du coup, ça ne fait pas trop rêver.

Rien de spécial, je viens de rentrer de soirée. Je suis dans mon lit. Et toi ?

Très fière de mon nonchalant Je viens de rentrer de la soirée du siècle (à minuit certes, mais je bosse demain). La petite précision du lit, c’est pour qu’il m’imagine illico dans son lit à lui, évidemment.

La réponse ne se fait pas attendre :

Je suis rentré aussi. Je suis moi aussi dans mon lit… Et je pensais à toi J

Oh le smiley qui tue. Illico, je me mets des claques mentales pour me réveiller. S’agirait pas de s’endormir maintenant. La combinaison du lit, du fait qu’il pense à moi et du smiley : il a envie de sextoter. J’envoie un assez neutre :

Ah bon ? Et pourquoi tu pensais à moi ? J

Le smiley appelle le smiley, et puis j’essaie de garder l’humeur badine. Ne pas perdre de vue que le garçon m’intéresse (à court ou à long terme). Dans la foulée, il répond :

Je t’imagine à côté de moi, nue…

Ah oui quand même. J’en écarquille les yeux dans la semi-obscurité, tel le chat abasourdi. Pour le moment, on s’est juste embrassé à une soirée, on ne s’est jamais vu nus mutuellement par exemple. D’un autre côté, il n’y a pas de mal à ce qu’il imagine. Je suis un peu surprise mais bon, maintenant que la discussion est enclenchée, je décide de laisser rouler sans trop me mouiller :

C’est plutôt tentant. A condition que tu sois nu aussi…

Oulà, qu’est-ce que c’est nul comme réponse. Je m’en aperçois aussitôt le message envoyé. Je décide de corriger et de m’investir un peu plus :

Je pensais à tes bras autour de moi et à tes mains sur ma peau. Et à mes lèvres sur ton cou.

Bon, c’est déjà mieux. C’est super compliqué, ce genre de discussions, surtout quand tu te connais peu. Tout est question d’équilibre. On oscille sans cesse entre le niais et le trash. On choisit ses mots, on se demande si on peut dire ça, on sélectionne ce que l’on a envie de révéler de soi, de ses envies. On a peur qu’avec le mot de trop, l’autre s’effarouche et nous prenne soit pour une tarée, soit pour une sainte-nitouche. Ça demande une vigilance constante. C’est épuisant.

Enfin, la réponse :

Je suis nu aussi, et je t’embrasse en descendant ma main vers ta poitrine…

Wow wow wow. Halte là, jeune homme. On est déjà à la second base ? Et surtout, on va se raconter l’histoire comme ça, à coup de Je fais ci et de Tu mets ta main là ? Je suis nulle pour ce genre de trucs. Je trouve toujours à ce catalogue de faits et gestes immuables un côté un peu glauque. Un côté porno du dimanche soir qui ne fait pas rêver. 

Et surtout, je ne sais absolument pas quoi répondre.

En même temps, pas besoin, un nouveau message arrive déjà :

J’imagine t’entendre gémir pendant que j’embrasse tes seins en te caressant…

Ah, les fameux trois petits points qui veulent tout dire. Un seul point, ça serait un peu flippant, du genre psychopathe qui sextote, qui fantasme mécaniquement. Un point d’exclamation, c’est un peu trop enthousiaste, un peu chiot fou ou éjaculateur précoce. Un point d’interrogation, vraiment trop indécis chronique, timide maladif. Restent les trois petits points et leurs promesses rarement tenues.

Je finis par répondre quelque chose, sans conviction :

Pose tes mains sur moi…

Et fuck, j’ai cité Titanic. Point Goodwin du sexting, là. C’est bien ce que je disais, je suis vraiment nulle à ce genre de trucs.

Bon, ça n’a pas l’air de perturber le Mec, qui s’empresse de me répondre :

Je laisse mes doigts parcourir délicatement tes fesses et ton entrejambe qui s’offrent à moi…

C’est cela oui, parcourons donc de concert. Je l’imagine à l’autre bout du téléphone (comme dirait Françoise), en train de m’imaginer moi. Dans son fantasme, suis-je vêtue d’un pyjama en pilou à motifs chats ? J’en doute.

Tu gémis de plaisir pendant que je caresse ton clitoris.

Pffou. Ca ne va nulle part, cette histoire. Déjà, pas sûr que je gémisse, hein. Promis, j’y mettrai du mien, mais bon, je demande encore à voir. Le mot clitoris posé là comme ça, j’ai un peu du mal. C’est le problème du choix des termes, dans ce genre de scénario. Trop propre sur soi ? Trop cours de SVT ? Trop dialogue porno ? C’est un dilemme insoluble.

J’envoie un pas terrible :

C’est trop bon quand tu me touches. A mon tour de poser la main sur ton sexe…

Oui, bon, je n’allais pas sortir « bite » après qu’il m’a sorti « clitoris ». Il y aurait eu comme qui dirait un souci de niveau de langue (pas celle-là, la Française).

Le Mec est apparemment tout content qu’on se soucie de lui car il m’envoie :

Hmm… Je t’imagine me prenant dans ta main, puis dans ta bouche…

Les onomatopées, c’est pareil, je sais pas trop quoi en penser. Mais globalement, c’est plutôt un no-no aussi. Hmm, slurp, argh, etc ? Je lis toujours le mot dans ma tête avec une voix un peu perverse, ce qui ne m’aide pas à me mettre dans l’ambiance. Ah, le Mec se manifeste à nouveau.

Mince ! Il m’a envoyé sa bite en photo !

Oui oui, c’est bien elle (même si on n’a jamais été officiellement présenté). Elle est là, droite comme un i, dans la main de son propriétaire, l’air débonnaire et lubrique. Bonjour, Madame.

Du coup, le Mec m’envoie dans la foulée :

Voilà dans quel état tu me mets… Et toi, tu me montres ? J

Revoilà notre smiley lourdingue.  On se croirait sur feu MSN : Plan cam ? En même temps, il m’a envoyé « sa » photo en premier. Il s’est un peu mouillé, on va dire. Ça ne me gêne pas spécialement de lui envoyer un truc tant qu’on n’y voit pas mon visage. Je trouve ça plutôt rigolo, ces échanges de photo.

Le seul souci, c’est que je suis entre mon paquet de Petits écoliers vides et ma tasse de tisane, vêtue de mon pyjama en pilou.

Pas très sexy, tout ça.

Heureusement, je n’ai pas besoin de me casser la tête. Je n’ai qu’à piocher dans ma banque d’images toutes prêtes. J’ai quatre ou cinq selfies estampillés coquins que je recycle quasi-indéfiniment. J’envoie toujours les mêmes, jusqu’à épuisement du stock. C’est tellement pénible à prendre comme photo. La lumière, déjà : tu veux éviter le néon de la salle de bains mais il faut quand même qu’on y voie. La tenue : obviously tu peux te mettre à poil mais je privilégie les options couverte/découverte, du genre gros décolleté, chemise ouverte, soutien-gorge… La pose ensuite : je ne suis pas Helmut Newton. Me contorsionner dans tous les sens pour trouver LE bon angle qui me fait à la fois des seins plus gros et un ventre plus petit, c’est épuisant.

Je retrouve les quelques photos que j’ai archivées dans un mail et hop, j’en choisis une au hasard que j’enregistre dans mon téléphone. Puis je l’envoie au Mec, accompagnée de ce petit mot :

Notre conversation me fait beaucoup d’effet… Vivement qu’on se voit en vrai !

Oui, parce que là je ne suis pas spécialement dedans, et en plus je suis légèrement frustrée de m’entendre débiter une telle liste de délices sans espoir de réalisation immédiate. Donc rien ne remplace la réalité, n’est-ce pas.

Il y a un petit temps d’arrêt inquiétant de ses messages, là. Suis-je allée trop loin ? L’ai-je effrayée en étant trop directe ? Je vérifie la photo : elle est de bon goût, tout en suggestion (à mon avis. Je veux dire, on trouve bien pire sur Google en deux secondes). Que se passe-t-il ?

Enfin, le Mec se manifeste à nouveau :

Désolé… Ta photo m’a tué J

Tué, comment ça ? Dans le bon ou dans le mauvais sens ?

Le message suivant apporte des éléments d’explication :

C’était incroyable… Merci pour ce bon moment ! J’ai hâte de te faire tout ça en vrai… En attendant je t’embrasse partout et je te souhaite une bonne nuit J

Ah, j’en déduis qu’il a tout simplement joui.

Au cas où ça l’intéresse, pas moi.

Mais en même temps, je suis plutôt soulagée que cette conversation soit terminée.

Je repose mon téléphone, je reprends mon bouquin et je me pelotonne sous ma couette, songeuse.

 

Le mauvais sexe numérique, c’est aussi nul que du mauvais sexe IRL en fait.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:19

Bon, bonne année et compagnie tout le monde, je vous souhaite évidemment plein de bonnes choses, du succès, de l’amour, de l’amitié, de l’épanouissement et du bonheur, le tout dans l’ordre que vous voulez ! Pour ma part l’année démarre comme d’habitude avec les soldes d’hiver, et également avec un nouveau stalker téléphonique (rappelez-vous de l’ami David).

Il est 15h45 hier, le téléphone sonne, je décroche :

- Allo ?

- Allo ? (voix masculine assez aigue) Oui bonjour c’est Bruno D***, je suis bien chez Nom-de-la-boutique-estropié ?

- Hmm, oui, vous êtes bien chez Nom-de-la-boutique-correct.

- Ah très bien. Je réalise une étude téléphonique et j’aurais aimé vous poser quelques questions.

- Une étude à quel sujet ?

- A propos de la lingerie qu’aiment acheter les Françaises.

Là, malgré mon petit cerveau fatigué, je me dis que c’est étrange que ce mec ne dépende pas d’un bureau d’études et donc je sens venir le coup foireux. Je passe donc en mode icy bitch (enfin, pour ceux qui me connaissent IRL, vous savez bien que je suis nulle à ça, donc en mode tiède bitch) :

- Désolée, c’est la veille des soldes et nous sommes très occupés, ce n’est pas un bon moment.

- Mais peut-être qu’une de vos clientes dans le magasin pourrait répondre ?

De what ?

- Non, écoutez, comme je vous l’ai dit, c’est la veille des soldes…

- Vous êtes Nombre Premier, c’est ça ?

Ça m’apprendra à écrire des articles sur le Huff Post tiens.

- Et vous, vous ne voulez pas répondre à la question ?

Sur le type de lingerie que j’aime bien ?

- Non, je vais devoir vous laisser, je n’ai pas le temps…

- Quand est ce que je peux vous rappeler alors ?

- Pas tout de suite.

Jamais.

- Pas avant la fin des soldes en tous cas (c’est dans un mois et demi).

- Très bien. Et je peux vous demander votre âge, Nombre Premier ?

Bien sûr. Et mes mensurations et mon code de carte bancaire aussi si tu veux.

- Non, parce que ça c’est personnel.

- Ah très bien au revoir bonne journée !

Et l’ami Bruno raccroche. Je crois que c’est un mec qui m’avait souhaité la bonne année sur Facebook suite à ce fameux article. La rançon de la gloire, comme on dit.

Sinon, je vois plein de gens autour de moi qui prennent des résolutions de nouvelle année. Allons bon. Moi je croyais que c’était has been ça, que c’était so 20ème siècle. J’avais décidé de ne pas en prendre car je les tiens peu et surtout j’en prends environ 150 par an, peu importe la période de l’année. Mais tout de même, j’en prends une.

C’est pendant les vacances de Noël que j’ai eu ma révélation. Mon grand frangin était là, muni de sa copine enceinte et de son fiston tapageur. « Là », c’était chez mes parents, où nous étions réunis pour les fêtes. C’était le soir du 25 Décembre. Le matin, mon neveu avait immédiatement repéré le plus gros paquet au pied du sapin et avait entrepris de déchirer le papier à mains nues (coup de bol, c’était pour lui, c’était un atelier de bricolage pour enfants. Ma mère n’offre que des cadeaux bien genrés au cas où. Si mon neveu sort acheter le pain avec un chouchou de sa mère dans les cheveux, elle n’est pas contente. Moi j’adore le voir danser sur Beyoncé pourtant !) Bref. Mon neveu jouait donc vaguement sagement avec sa clé de 12 en plastique. Ma belle-sœur bouquinait sur un fauteuil. Mon frère et moi glandions devant 21 Jump Street, le film. Ma petite cousine textotait à base de Je t’aime mon chéri et Tu me manques mon cœur, comme d’habitude. On papotait tranquillement et je ne sais pas comment, on en est venu à parler du MBTI, un test de personnalité assez connu en école de commerce car on a parfois la joie de le passer pendant nos études.

L’idée n’est évidemment pas de dire s’il y a de bonnes ou de mauvaises personnalités, mais plus de t’aider à te connaître pour que tu saches les métiers qui te correspondent, tes points forts/faibles etc. Mon frère m’a révélé qu’il était ENFJ. Ça peut sembler obscur, mais en gros ça veut dire que c’est un mec cool et plein d’entrain. Pendant que Channing Tatum montrait ses muscles à l’écran, j’ai trouvé ça sur Google Images :

http://gaspull.geeksaresexytech.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2013/09/test.jpg

En gros, ça vous dit à quel personnage d’Harry Potter vous ressemblez via votre résultat MBTI. Ou ça vous dit quel serait votre résultat MBTI en fonction du personnage d’Harry Potter à qui vous ressemblez le plus. Bref.

Vous pouvez voir vous-même que mon frère serait Dumbledore. Evidemment, personne dans la maison n’a pu l’ignorer, puisqu’il s’est mis à piailler Je suis Dumbledo-reu, je suis Dumbledo-reu en dansant des épaules. Je rappelle qu’il a 32 ans, et je doute que Dumbledore aurait réagi comme ça, mais soit. Mon père, qui passait par là (il venait me demander pourquoi j’avais cassé Internet. En fait, j’avais simplement changé leur navigateur parce que ça me faisait de la peine qu’ils utilisent toujours Internet Explorer, et je n’avais pas paramétré de page d’accueil. Du coup, mon père qui voulait chercher un truc dans Google était tout perdu). Bref. Mon père, donc, qui travaille aussi dans un bureau, nous a dit qu’il était ENFP, selon ses souvenirs. Soit Ron Weasley. Mon frère a donc entrepris de se moquer de lui à coup de Tu es Ron Weasley-heu, sauf que mon père s’en tapait complètement vu qu’il ne sait même pas qui est Harry Potter. Enfin, ce fut mon tour et j’ai dû avouer que j’étais INFJ, soit tout comme mon frère mais en introverti – quelle perspective horrible. Donc moi je ressemble à Rémus Lupin (que j’aime beaucoup !)

Mais je ressemble aussi, si on en croit ce tableau, à Obi Wan Kenobi :

http://www.geekinheels.com/wp-content/uploads/2013/10/star_wars_mbti.png

Ou encore à Lisa Simpson (que j’aime beaucoup aussi !) :

http://media-cache-ak0.pinimg.com/236x/28/52/38/285238d2cacf86f0ee7bb767a08807aa.jpg

Ou à un hamster bleu (j’ai rien contre) :

http://i23.photobucket.com/albums/b396/Osako/tumblr_maj003VJDj1rgl24go1_500_zps557735e6.png

Ou à Gandhi (pourquoi pas !):

http://thephilosophicalboy.files.wordpress.com/2013/02/w-myersbriggs-g.jpg

Ou à the Mother of Dragons dans Game of Thrones (mais pas physiquement hein) :

http://i.imgur.com/eSpz9yw.jpg

Bref, je fais partie des 1% de la population qui ont une âme de prophète (dixit un autre site chelou que je ne retrouve plus). Jésus lui-même aurait été INFJ (info certifiée 100% véridique !)

Du coup, ma bonne résolution 2014, c’est de ne pas être trop rigide et de ne pas trop juger les autres selon mes principes.

Après tout, Jésus c’était peut-être quelqu’un de très bien, mais c’était pas forcément le mec que tu appelais pour boire une bière ou à qui tu racontais tes dernières histoires de cul. Et comme dirait ma mère, Gandhi ou lui, ils sont tous les deux morts je te signale !

Donc pas de panique. Oui, il y aura toujours du sexe sur Nombre Premier (parmi d’autres choses). Et normalement pas plus tard que cette semaine (article sur le sexting prévu).

 

Encore bonne année les enfants !

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 12:15

La fin de l’année approche. Dix jours et bye bye 2013. Le réflexologue de mon cousin lui a dit que cette année avait été l’année du Serpent, et que ça signifiait une année pourrie pour tout le monde. Mais apparemment, 2014 c’est l’année du Cheval, et donc une année de galop et/ou d’envol. Plus prosaïquement, 2012 c’était l’année de la Partouze, 2013 l’année de la Baise. 2014, l’année du Soutien-Gorze ? Ok c’était nul, mais d’après Je suis cultivé, 14 ne rime avec rien du tout.

Comme pour chaque fin d’année, il est temps de céder aux sirènes des listes de tout poil. Rétrospectives, meilleurs moments, top du pire etc. L’an dernier, j’adressais de chaleureux remerciements à toutes les personnes qui avaient marqué mon 2012. Cette année, je vous propose de faire un point sur ce que j’ai appris d’important cette année.

- Toujours acheter des sacs-poubelles de 50 litres. 20L, c’est tout petit. 30L, c’est toujours trop petit. 40L, ça pourrait marcher mais il manque quand même un peu de matière pour le sac tienne bien sur les bords de la poubelle. 100L, c’est beaucoup trop grand. 50L, c’est optimal.

http://www.crdecoration.com/blog-decoration/wp-content/uploads/2009/11/sac-poubelle-deco4.jpg

- La révolution du bicarbonate de soude sous les aisselles – plus de déodorant depuis six mois. Un crash test épique sous forme de rando en plein cagnard près de Naples cet été. Une efficacité 100% prouvée (et pas par ces guignols de chez Mennen).

http://3.bp.blogspot.com/-gNG_4nvcxDM/TpM4_rdadBI/AAAAAAAAGcQ/MSNDLeBSoeA/s1600/Bicarbonate+.jpegCeci n'est pas ce que vous croyez.

- La lampe Berger. C’était l’un de mes cadeaux d’anniversaire en Septembre (merci les amis !) C’est une lampe qui diffuse une odeur en brûlant doucement. Une tuerie, je suis complètement accro à la boutique. Ca me sert à travailler mon marketing olfactif (ou juste à désodoriser si une cliente sent un peu). Je viens de commander deux nouvelles odeurs et je me réjouis bêtement à l’idée de les recevoir.

- Les cookies amandes et chocolat blanc version US. Ca y est, j’ai enfin trouvé LA recette, celle qui déchire, celle qui met tout le monde d’accord. Ma quête a enfin aboutie. J’ai donc décidé de passer à autre chose, mais je n’ai pas encore décidé quoi. J’hésite entre les sablés de Noël à la cannelle, la recette de quiche ultime, ou bien tout simplement la sauce de pâtes parfaite. J’ai tout 2014 pour réussir.

http://www.webstepbook.com/supplements/slides/images/cookie_monster.jpg

- Ranger petit à petit plutôt qu’une seule fois dans le mois. Depuis deux mois, j’essaie un truc complètement nouveau pour moi : je range mon appart une à deux fois par semaine, pour ne pas laisser le bordel s’installer. Ça veut dire qu’à chaque session, j’y passe une heure max (avec une demi-heure de ménage en plus éventuellement). Avant, je ne touchais rien dans l’appart pendant deux mois. On ne voyait plus le sol sous les fringues et je ne pouvais boire qu’à la bouteille car je n’avais plus de verres. Du coup, j’étais obligée de bloquer l’un de mes précieux dimanches pour ranger mon appart (en encore, dix heures de ménage d’affilée suffisait rarement à tout faire). Maintenant, je lutte au quotidien contre le bordel rampant, pour avoir des dimanches libres de toute corvée ménagère. Je m’adultise, c’est fou.

- Le smoky eye. La révélation 2013 ! Mon amie Smilo m’a gentiment offert à mon anniversaire (qu’est-ce que j’ai été gâtée) une palette de trois ombres à paupières de toute beauté. Le problème, c’est que je ne savais absolument pas quoi en faire. Mais comme j’avais à maintes reprises admiré les yeux de biche de Smilo, j’ai fait comme toute personne normalement constituée en 2013 : je suis allée mater des tutos beauté sur Youtube. Un monde absolument merveilleux s’est ouvert à moi quand j’ai tapé smoky eye tuto et que j’ai obtenu des millions de résultats. Après avoir regardé vite fait la tête des vloggueuses, mon choix s’est portée sur une fille châtain aux yeux marron et au teint tout blanc (ce qui se rapprochait le plus de moi).

En cliquant sur sa vidéo, j’ai réalisé qu’elle avait quinze ans. Et pourtant, elle a cinq cent millions de followers et un montage vidéo digne d’une pro. J’ai regardé ses vidéos pendant 45 minutes. Ma préférée reste une vidéo fascinante où elle explique sa routine beauté du coucher, et où on la voit boire une tisane, écrire des mails depuis son lit et se sécher les cheveux. Mais il faut avouer que son tuto smoky était bluffant : en dix minutes, j’ai accédé à l’adolescence du maquillage (après être restée dans un état d’ignorance enfantine pendant 25 ans). Maintenant, je maîtrise (à peu près) le smoky eye noir et neutre (les deux palettes que j’ai). A Noël, j’ai demandé du violet et du vert. On ne m’arrête plus, je suis la reine du smoky. Il faudrait juste que j’apprenne un peu à me diversifier maintenant. Un peu comme en cuisine en fait. Mon Dieu, je suis une vraie monomaniaque.

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I have no idea what I'm doing.

- La beauté bio. Tu t’en rappelles peut-être, j’ai connu une sorte de crise du bio cette année. J’ai frénétiquement remplacé mes produits de beauté habituels par des trucs sans paraben, sans sulfate, 100% naturel : dentifrice (au goût dégueu), gel douche, crème pour le corps, shampoing, après shampoing, crème visage, crème pour les cheveux, baume à lèvres, et même serviettes/tampons hygiéniques (si si. Les Always et compagnie contiennent entre autres des agents blanchissants, le plus souvent du chlore. And my pussy don’t need to be bleached, bitch.) Bien sûr, il me reste encore des trucs pas bio du tout, mais ça viendra, je prends mon temps. Et en attendant, je suis ravie des produits en question, le même prix qu’en supermarché mais zéro impact potentiel sur ton corps et qui marchent (point le plus important). Pour commander aux US sans frais de douane et avec des frais de port à 4 euros, c’est ici. Pour profiter d’une interface web bloquée dans les 90s, c’est au même endroit.

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- Le féminisme. En soi, pas une nouveauté 2013, mais c’est la première année où j’ai participé à une réunion pro-féministe. J’ai rejoint une asso qui se monte, dont le principe est de regrouper des hommes qui refusent les injonctions virilistes de la société actuelle. Oui alors dit comme ça, ça peut faire peur. En fait ça veut juste dire que si les femmes peuvent trouver à redire aux pubs sexistes, les hommes aussi. L’Homme dans les médias, c’est le mec toujours grand, carré, cheveux courts, mâchoire testostéroné. Il ne fout rien à la maison et il ne s’occupe pas de ses gosses, si ce n’est pour faire des activités de plein air de temps en temps. Il ne pense qu’au foot ou bien à jouer à la PS3 avec ses potes. Ah si, et il pense au cul aussi, beaucoup, tout le temps. C’est un player qui fait tomber toutes les meufs grâce à son charme sans pareil ou sa Rolex au poignet (ou son parfum couture). Et grâce à sa bite aussi, évidemment énorme et endurante, le mec est une machine à orgasmes qui a toujours envie et qui tient toute la nuit, avant de s’endormir d’un air détaché après avoir fumé une clope nonchalamment, pendant que sa conquête de la nuit vient se blottir contre lui avant qu’il lui dise adieu au matin.

http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2013/09/02/article-2408638-1B92ECD7000005DC-789_634x466.jpg

Prenez Robert, par exemple. Il en a marre de devoir porter une meuf pour avoir l'air costaud.

http://www.thetrendygirl.net/cms/uploads/2013/09/robert-pattinson-clip-dior-hommes-528x353.jpg

Ou de devoir jouer les Alpha Male dans les ascenseurs. Pourquoi personne ne l'embrasse comme ça, Robert? Pourquoi les meufs se contentent-elles de se planter devant lui, la bouche entrouverte?

http://sidewalkhustle.com/wp-content/uploads/2013/09/02/Dior-Homme-Fragrance-Campaign-Robert-Pattinson-Uncensored-Directors-Cut.pngEt en plus elle vient lui mettre ses pieds devant la figure.

Yep. On peut comprendre que ça mette un peu la pression, une telle image de l’Homme.

Donc ces mecs ont réalisé que le meilleur moyen de soutenir la cause féministe, quand on est un homme, c’est de combattre les clichés sur les mecs qui existent bien sûr en contrepartie des clichés sur les filles. C’était cool comme réunion. J’avais un peu peur et j’étais méga intimidée, surtout que le meeting était animé entre autres par deux de mes idoles blogueuses. Je suis arrivée en retard car je ne pouvais pas quitter la boutique plus tôt, et donc j’ai dû me présenter devant tout le monde. J’avais l’impression d’être la nouvelle élève dans une classe qui se connaît déjà. Mais en fait pas du tout, c’était très sympa et surtout très stimulant. Ça peut paraître barbare de choisir d’aller s’enfermer dans une salle de réunion pendant quatre heures direct à la sortie du boulot et de disséquer le dernier essai de Stoltenberg, mais chacun son dada, moi ça m’éclate !

- Se protéger et agir. Ça paraît vague comme point. Pourtant, c’est quelque chose que j’ai appris à faire et que j’apprends encore à faire, parce que dans mon cas c’est nécessaire. Peut-être que je suis une hypersensible maladive qui déborde d’empathie et qui devrait apprendre à se blinder un peu. Mais plein de trucs peuvent me faire du mal, au quotidien ou au fil du temps. Alors je mets des barrières, pour parer au plus pressé. Ma barrière préférée : le raisonnement logique, la rationalité. Dépouiller le problème de tout aspect émotionnel pour le mettre à distance. Essayer de le vivre de l’extérieur et pas de l’intérieur. Une histoire sentimentale compliquée : je fais un pas en arrière et j’examine froidement la situation. Une période atroce professionnellement (les six premiers mois de 2013 bonjour) : je serre les dents et je me raisonne, ça va passer, c’est normal, d’ailleurs je m’y attendais etc. Un sentiment d’être débordée en permanence, de courir partout, de vivre sur le fil : on se pose, on se calme, objectivement que se passe-t-il, pourquoi cette impression ? (oui, je sais, on dirait un livre qui traînerait en tête de gondole à la FNAC avec un titre du genre Choisir d’être heureux : les clés du succès en sept étapes).

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Et puis, une fois le point fait, agir. Mettre fin à l’histoire compliquée. Se bouger professionnellement et tenir bon. Se poser, se garder du temps, ne pas se laisser submergée par le bordel au propre comme au figuré. Tenir le cap, quoi. J’ai navigué à travers 2013 qui a été l’une des années les plus incroyables de ma courte vie, vu tout ce que j’ai réussi à faire tenir dedans. No regrets, ça a été une jolie course de fond qui n’est toujours pas finie. Maintenant, j’ai décidé d’aborder 2014 avec la même énergie, mais avec plus de sérénité. Si rien n’est fait pour ma boîte et qu’on ne lâche rien, et que donc ça va me prendre encore pas mal de temps, je prévois aussi d’équilibrer doucement ma vie à coups d’engagements associatifs, de musique, d’écriture et d’autres projets on the side. Après tout, on a tout 2014 devant nous.

 

Mais avant ça, c’est Noël – Merry Christmas à tous !

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:11

On est bientôt à la Noël les petits enfants. Joie et paix sur la Terre, même pour ceux qui ne la fêtent pas. Il y a des lumières clignotantes et du doré partout. Même dans ma vitrine ! J’oblige ma jeune apprentie à se balader avec un chapeau de Père Noël sur la tête quand elle vient m’aider le samedi. J’en porte un aussi, pour la soutenir. J’ai tellement hâte d’être en vacances.

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En cette fin d’année imminente, j’ai cependant décidé de régler un paquet de trucs que je repousse indéfiniment depuis bientôt un an. Premier sur la liste : la putain de Sécu qui refuse de m’accueillir à nouveau en son sein. Eh oui, il y a quelques mois, Maman m’a répudiée et ma carte ne passe plus. Plus de soins remboursés, plus de droits à quoi que ce soit, je suis seule au monde (et drôlement embêtée si jamais j’ai une angine cet hiver). Il y a un mois, j’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai appelé la CPAM (numéro : 3646, facturé 6 centimes la minute). Une dame m’a répondue et m’a dit d’envoyer tel et tel papier à telle adresse pour me réinscrire. Oui, parce que figurez-vous que ça faisait presque trois ans que je n’étais plus inscrite. Je n’avais jamais fait mon changement de statut et ils pensaient que j’étais encore étudiante. Ça faisait donc trois ans que Maman m’avait chassée de la famille de ceux qui reçoivent ses bons soins, mais je ne le savais pas.

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J’ai donc dûment envoyé mes petits papiers bien complétés et j’ai attendu, pleine d’espoir. Et puis un jour, j’ai reçu un courrier de la CPAM. Dans la grande enveloppe, il y avait tous les papiers que j’avais envoyés, plus un nouveau qui disait : Haha, c’est bien sympa tout ça, mais en fait il nous faudrait surtout l’attestation de Pôle Emploi disant combien ils vont vous verser.

Et là je réalise que je ne vous ai pas encore parlé de Papa. Quand Maman est traditionnellement celle qui soigne les petits bobos, Papa est celui qui s’occupe de rapporter les sous-sous à la maison. Mon Papa, ce n’est pas Pôle Emploi, parce que je ne suis pas chômeuse techniquement. Mais Pôle Emploi, c’est un peu mon Grand Frère (Pascal) parce qu’il m’avait expliqué que j’avais besoin de lui pour retourner dans les bonnes grâces de Maman, et aussi pour faire une demande de thunes auprès de Papa (le RSA). J’étais donc allée rencontrer mon grand frère un joli petit matin de juillet au fin fond du treizième arrondissement. Après un long tête-à-tête avec mon conseiller, j’étais repartie avec une liste de documents à fournir. Documents que je n’ai envoyés qu’en Octobre (le temps de les réunir, évidemment. Pas du tout parce que je les avais perdus et que j’ai dû demander des duplicatas à mon ancienne boîte). J’ai donc fini par recevoir ma carte du Pôle Emploi, même si je ne reçois pas d’indemnité chômage.

http://i.huffpost.com/gen/864200/thumbs/o-PASCAL-LE-GRAND-FRERE-facebook.jpg

Trop fort Pascal!

En conséquent, j’étais un peu perdue en lisant le courrier de Maman qui me demandait combien me versait mon Grand Frère. J’ai donc rappelé la CPAM hier (toujours six centimes la minutes). Là, une gentille dame me répond que vu que je suis indépendante, je ne dépends pas du régime général (c’est pour ça que Maman ne veut pas de moi) et que je dois donc aller vivre avec ma Tante (le RSI, Régime Social des Indépendant). C’est même marqué dans une circulaire gouvernementale, je vous signale. Fort bien. J’appelle donc ma chère Tatie (0143185858, prix d’une communication normale). Celle-ci est un peu surprise de mon appel et me renvoie vers Maman : Mais vous êtes bien salariée de votre société ? Dans ce cas vous dépendez du régime général. Mais enfin, moi si j’étais vous, j’appellerais l’URSSAF (aka Tonton) pour être sûre.

http://www.iskandardogue.com/urssaf2ans.JPG

Voici Urssaf, dogue allemand (véridique). Ici en congés payés.

Je passe donc un petit coup de fil à mon Tonton URSSAF (3957, 11,8 centimes la minute), qui me dit qu’il n’en a rien à battre de mes problèmes de Sécu parce qu’ici on est au service recouvrement. Je ne peux m’empêcher de lui répéter ce que m’a dit Tatie. Il finit par m’expliquer que comme je n’ai fait de déclaration d’embauche (de moi-même, donc), je n’existe pas aux yeux de Maman Sécu. C’est donc par ça que je dois commencer.

Je suis exténuée mais ravie. Reste à demander à ma chère cousine qui me file un coup de main sur tout ce qui est RH de me pondre une déclaration d’embauche et une attestation de revenus nuls.

Comme je suis lancée (et surtout comme je commence à avoir besoin de thunes), je vais faire un tour sur le site du gouvernement dédié au RSA, Revenu de Solidarité Minimum. La solidarité, je suis pour ! D’après ce site et son questionnaire, je serai éligible à hauteur de 400 euros par mois. J’appelle donc la CAF, dont dépend apparemment le RSA, mais évidemment, c’est fermé. Ben oui, il est 16h15.

http://www.piecejointe.com/stock/201306/Le-betisier-de-la-caf.jpg

Un mec y a dédié un Powerpoint...

Ce matin, je reprends donc les armes et appelle la CAF, c’est-à-dire mon Papa. Papa est très occupé et me renvoie vers sa secrétaire, l’Espace Insertion du 13eme arrondissement de Paris. Sa secrétaire me dit de venir sans rendez-vous pour un premier contact, d’ailleurs vous pouvez venir tout de suite si vous voulez (ben non je peux pas, je travaille), ah alors vous pouvez venir quand vous voulez entre 9h et 16h45, on vous donnera un rendez-vous à ce moment-là. Pratique ça dis donc. Je vais donc y passer jeudi dans l’espoir de pouvoir un jour rencontrer Papa et qu’il accepte de me verser quelques sous. Ce n’est pas gagné à l’heure actuelle.

Voilà à quoi se passent mes folles journées en ce moment. Heureusement, j’ai quelques clientes qui me sauvent de la débâcle : la dame qui dépense 500 euros d’un coup pour ses deux filles (sous les yeux médusées de ma petite apprentie), les filles qui écrivent de gentils commentaires sur leur passage en boutique, mes clients Internet trop choupi. On oublie les gens relous, après tout c’est bientôt Noël ! En face de ma boutique, un jeune homme est venu ouvrir un concept store masculin dans la boutique de déco. Il y a donc une foule de caleçons, portemonnaies, écharpes de hipster et montres de kéké à prix prohibitifs, le tout au milieu de la vaisselle et des bougies de Noël. Les potes du jeune homme, qui a également fait une école de commerce comme moi, viennent lui rendre visite et font défiler leurs boots à talons dorés et sacs Cos pour les filles, et jeans slims avec mèche pour les garçons. Peut-être que certainEs vont se perdre et atterrir chez moi, qui sait.

Je n’ai pas regardé Miss France samedi mais j’ai lu certains commentaires sur Twitter ou Facebook et j’en suis profondément attristée, comme tout le monde j’imagine. C’est sûr que le racisme existe toujours, tout comme le sexisme ou la discrimination de tout poil, mais je ne pensais pas qu’on était encore aussi loin du compte. Ça tombe d’autant mieux en pleine période d’hommage à Mandela – bravo les Internets et les gens derrière.

Par contre, dimanche j’ai vu la Belle et la Bête à Mogador et j’ai adoré les effets spéciaux. J’ai un peu moins aimé la tartine d’ammûûûr et la tonne d’enfants présents à la séance de quinze heures, mais globalement c’était top. Le soir j’ai vu Zulu au ciné (je vous encourage vivement à dévorer les thrillers littéraires de Caryl Ferrey, des tueries au sens littéral du terme). Et vendredi soir je suis allée voir Casse-tête chinois aux Halles. Ah, mon petit Cédric, te revoilà. On va pas se mentir, j’étais bien contente de retrouver ton montage inventif, tes petites musiques qui vont bien et ces personnages qu’on a tant aimé (et parfois détesté).

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Le seul souci, c’est que bon. Ils ont quarante ans. Leur vie c’est toujours un bordel pas possible. On dirait un disque rayé, un truc qui tourne en boucle où les mêmes questionnements et les mêmes obsessions reviennent à intervalles réguliers. Comme d’habitude, Cédric cède au travers bien connu des cinéastes qui consiste à doter les enfants de toute la sagesse du monde. Alors que tout un chacun sait bien que ce sont des monstres d’égocentrisme et de vacuité. Et puis fallait-il vraiment cette fin tristoune, ces retrouvailles vingt ans plus tard entre deux amoureux adolescents ? Comme si finalement, tu avais déjà rencontré tout ce qu’il te fallait dans ta vie depuis le début, que tu connaissais déjà les personnes importantes, et que passé vingt ans tu ne faisais plus que des rencontres éphémères, dénuées de la même profondeur ? Ah, et cette crise de la quarantaine pour le personnage lesbien de Cécile de France, qui craque pour une petite jeune. C’était tellement caricatural que ce n’était plus ni drôle ni crédible, d’après moi. Questionnement intéressant cela dit, qu’est ce qui se passe quand on divorce et que l’un des deux parents veut partir à l’étranger : les enfants suivent ? L’autre conjoint aussi ? Comment trouver une solution à l’amiable ? Des interrogations modernes.

http://www.leblogducinema.com/wp-content/uploads//2013/10/Photo-du-film-CASSE-T%C3%8ATE-CHINOIS.jpg

Je sais pas, je suis peut-être une vieille aigrie, et j’en demandais peut-être trop au film. On passe quand même un bon moment. Mais autant j’avais pu parfois m’interroger sur ma propre vie à la sortie de l’Auberge Espagnole et des Poupées Russes, autant là ma seule réaction fut : Si c’est ça ma vie à quarante ans, je préfère arrêter tout de suite les frais.

 

Mais bon. En vrai, j’ai 26 ans et c’est bientôt Noël. Alors haut les cœurs. Lustrez vos boules et élaguez votre sapin ; it’s the season to be jolly !

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 12:23

Bon alors comme ça, parce qu’il fait gris dehors et que ça fait du bien de faire des listes de choses positives, voici le top trois des choses qui m’ont fait rire aux éclats dans les dernières 96 heures (soit quatre jours) :

NUMERO 3

Mon apprentie vendeuse de 17 ans, à la boutique, est venue m’aider samedi après-midi. On rangeait les cintres par forme et couleur (elle est extrêmement organisée et m’a même proposée de venir ranger la boutique bénévolement tellement le bazar la stresse. C’est mon exact opposé). Bref, on rangeait les cintres en écoutant de la musique. On avait déjà mis Maître Gims (son préféré après Booba), et là on écoutait Marina and the Diamonds, je crois. Au détour d’une phrase, elle me dit :

- Je paris que tu aimes bien Adèle, toi.

Je réponds que oui, ça va, elle est cool. Elle continue :

- Il paraît qu’elle va sortir un film sur sa vie bientôt au cinéma.

- Ah bon ? Ah je savais pas.

- Mais bon, une fille au foyer m’a dit qu’il était un peu… Qu’il y avait des scènes un peu… Tu vois quoi. (traduction : chaudes patate).

- Ah bon ? OK. (bizarrement, j’ai du mal à associer la grande dame Adèle qui brame Skyfall avec du sexe à tout va, mais soit).

Et puis quand même, au bout de cinq minutes, j’ai une illumination :

- Dis-moi, le film dont tu parles, c’est pas La vie d’Adèle ?

- Ah si, c’est ça ! Tu connais ? Tu l’as vu ?

Yep. Et laisse-moi te dire que ça ne raconte absolument pas la vie de cette Adèle-là.

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NUMERO 2

Cet excellent blog japonisant, d’une dénommée Sonyan. C’est plein de kawai, d’intéressantes réflexions sur la société nippone, de conseils de drague pour pécho un jeune Japonais, de témoignages personnels, le tout servi avec une chouette plume girl-next-door sarcastique à laquelle je ne pouvais que succomber !

NUMERO 2 (ex aequo)

Les flash-backs de la comédie musicale Spamalot que je suis allée voir il y a dix jours avec Coloc. Je n’ai jamais, au grand jamais, autant ri à un spectacle. C’était absolument hilarant. Bien sûr, il faut aimer l’humour des Monty Python, ce mélange d’absurde, de tragi-comique, d’ironie et de farce (on a quand même huit fessiers masculins dénudés au cours de la comédie). Mais si c’est ton truc, tu vas kiffer (mention spéciale au faux Matt Pokora et aux Chevaliers du Niiiiiiiiii).

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NUMERO 1

Steve Kardynal en Miley Cyrus sur Chatroulette. 2 minutes 44 de bonheur.

Bien, passons à la suite de ce post. Hier je papotais devant la porte de la boutique avec la fille de l’agence immobilière, qui m’expliquait qu’elle fume un joint tous les soirs avant de se mettre au lit. Ça me détend, tu vois, c’est mon rituel du coucher. Tout le monde a un truc qui le calme avant de s’endormir non ? J’ai eu un grand sourire à ce moment-là de la conversation, parce qu’en y réfléchissant, j’ai bien un rituel du coucher, le même que pas mal de gens j’imagine.

Tu vois très bien de quoi je veux parler.

Non ?

En un mot : la masturbation.

On n’a pas encore trouvé mieux pour se détendre et se relaxer naturellement et à peu de frais. Après tu dors comme un bébé, c’est l’équivalent d’une séance de yoga (je pense, je n’ai pas d’études sous la main pour appuyer mon propos). Bon, on ne va pas se refaire un billet entier sur la masturbation féminine, je voulais plutôt parler d’un truc qui va souvent/parfois avec : le porno.

On est bien d’accord que le porno mainstream et gratuit tel qu’on en trouve en ce moment même sur PornHub, Youporn et consoeurs, est globalement centré sur les hommes cisgenres hétérosexuels blancs. Il y a des sections réservées sur ces sites pour le porno gay (masculin), le porno mettant en scène des personnes transgenres, le porno « interracial » mêlant différentes "races" (dont l’une est généralement blanche), le porno « female friendly » qui serait adapté aux choses fragiles (et supposément très minoritaires sur ces sites) que sont les femmes. Quand tu as une section à part te concernant sur un site, c’est a priori que tu n’es pas dans la cible principale. Rien ne t'empêche heureusement d’aller consulter des sites considérés comme spécialisés qui vont diffuser uniquement du porno gay, de l’interracial etc. Je n’en ai pas encore trouvé plutôt orientés femmes, mais si tu as ça sous le coude, par curiosité ça m’intéresse !

Donc en tant que femme hétéro qui se balade sur ces portails, on se sent un peu comme un alien en balade sur la Terre. Si tu es une femme lesbienne, je n’ose imaginer ton désarroi en t’apercevant que la catégorie « lesbienne » est clairement filmée pour les hommes hétéros, par des hommes hétéros. Je compatis.

Bref, revenons-en à nos aliens. Bien sûr, tu prends rapidement tes marques, surtout après des années de pratique (ahem). Mais il y a toujours de petites choses qui m'interpellent :

- La POV (Point of View)

J’avais même promis un article complet sur le sujet tant je suis déroutée par cette façon de filmer. La POV, cela consiste simplement à te faire entrer dans la peau de l’homme hétéro et à filmer comme à travers ses yeux. Ça donne donc pas mal de plans comme ça :

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En soi, je peux comprendre ce qu’il y a d’excitant pour le mec qui regarde : tu as l’impression que tout ce que la fille fait, elle te le fait à toi. Le souci, c’est que quand tu es une spectatrice, tu ne peux pas t’empêcher de superposer le point de vue de l’actrice aux images à l’écran.

Par exemple, la vidéo montre la fille à genoux en train de pratiquer une fellation. Zoom sur son visage extatique et gémissant avec l’objet de toutes ses convoitises dans la bouche. Quand tu es la fille agenouillée à cette place, tu as mal parce que la moquette, ça brûle les genoux. Tu vois la tête du mec en contre-plongée, loin loin, et son ventre et son torse en gros plan, avec une main qui vient de temps en temps te tapoter la tête comme pour te dire C’est bien, bon boulot, continue.

Idem, dans les scènes de levrette (gros succès de la POV), la vidéo montre la chute de reins et la chevelure de diablesse de la fille. Quand tu es une fille à quatre pattes sur un lit ou ailleurs, tu ne vois rien. Tu vois le mur devant toi, tu vois les draps sous ton nez, tu vois la table de nuit avec le verre d’eau et un baume à lèvres qui traîne dessus. Tu te retournes de temps en temps histoire de vérifier que c’est bien toujours le même mec qui est derrière toi, mais sinon tu es seule avec tes sensations. Chose que le mec n’expérimente quasiment jamais, puisqu’il a toujours la stimulation de la vue.

http://24.media.tumblr.com/tumblr_maqqpxXRJH1qbaxkio1_500.png

Du coup, pour moi, les POV restent déroutantes, parce que je n’arrive pas à réconcilier ces deux visions d’une même scène dans ma tête. J’imagine aussi qu’on ne fait pas de POV féminin, qui pourrait avoir un intérêt (par exemple, te placer du point de vue de la fille pendant un missionnaire), tout simplement parce que le regard de l’homme prime dans ce genre de sites (et dans l’industrie du porno en général). C’est fort dommage. A noter aussi le côté plus visuel de la fellation par rapport au cunni : quand on n’a pas d’incroyables talents de réalisateur, c’est plus simple de filmer un objet oblong qui rentre et qui sort qu’une langue qui s’agit contre de la peau.

- Les scènes de cunni

Parlons-en, justement. La scène de cunni réussie, c’est devenu à mes yeux une pépite sur laquelle j’ai la chance de tomber peut-être deux fois par an. Le reste du temps, je finis par zapper la scène toute entière tellement c’est à côté de la plaque (ou du clitoris, c’est selon). Pour augmenter ses chances de trouver un cunni décent, il faut aller fureter dans la catégorie Lesbiennes, qui ont au moins le mérite généralement d’y passer un peu de temps et de ne pas expédier ça en une minute chrono.

Je conçois les difficultés possibles à filmer une telle scène : déjà, il faut forcément pas mal de gros plans, à mon sens, sinon on ne voit pas ce que fait le mec/la meuf avec sa langue, ses doigts etc. Il faut donc un sens du détail poussé, et surtout une compréhension de ce qui est vraiment excitant pour une fille (bien que toutes n’aiment pas les mêmes choses, c’est évident). La plupart des scènes aujourd’hui sont de toute évidence filmées, encore une fois, par des mecs, pour des mecs, et tous n’ont aucune idée de ce qu’est un cunni réussi. Indices : ça ne dure pas trente secondes, ça ne consiste pas simplement à agiter sa tête de gauche à droite tout en sortant la langue au hasard, et ça ne consiste pas non plus à relever les genoux de la fille au niveau de ses oreilles pour qu’on voit bien ce qui se passe entre les plis (épilés). Après, chacune aura ses préférences, mais heureusement qu’on peut tout de même dénicher quelques scènes qui donnent chaud au bas-ventre, notamment en ciblant les vidéos de couples de filles avec quelques zooms assez longs et bien placés.

Qui te font ressentir ça:

http://s-ak.buzzfed.com/static/imagebuzz/web03/2011/7/28/15/anigif_excited-ron-6869-1311881136-43.gifPlutôt que ça:

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- Le painal

Désolée pour tous les acronymes et jargons du milieu. Le porno se structure de plus en plus via les tags (coucou Le tag parfait), sans doute aux dépends des catégories. Tu peux ainsi taper le mot-clé qui correspond précisément à ton fantasme de lait maternel (véridique) et ainsi consommer une niche très précise du porno mainstream en deux temps trois mouvements.

Pour en revenir au painal, c’est tout simplement une contraction des mots anglais pain et anal, qu’on peut traduire sans trop de difficultés par douleur anale. Voilà voilà. En gros, ce tag va regrouper les vidéos où la fille souffre pendant une sodomie. Parfois la douleur est simulée par les actrices: c’est un genre à part entière où les filles font semblant d’avoir très mal. Je pense notamment à la série de Mofos qui s’intitule un truc du genre First time anal, filmée en POV, où toi (dans la peau du mec, donc) convaincs ta copine d’essayer la sodomie pour la première fois. La fille se tortille de supposée douleur, elle pousse de petits cris, elle te dit qu’elle a mal mais bizarrement, ça ne t’empêche pas de continuer et d’en tirer du plaisir.

http://replygif.net/i/547.gif

J’imagine que c’est une forme de catharsis, presque du BDSM à ce niveau-là non ? Sauf que dans le BDSM, on suppose que celui qui a mal en tire aussi une forme de plaisir. Là, ce sont des couples lambda mis en scène, et la fille accepte d’avoir mal simplement pour faire plaisir à son copain. Il y a même une vidéo ahurissante où le mec troque une séance de sodomie douloureuse contre des billets pour le concert que veut absolument voir sa meuf. Beau modèle pour la jeunesse, bravo : la sodomie, ça ne peut qu’être douloureux, d’ailleurs l'homme retire une forme de plaisir en infligeant cette douleur, et la fille ne doit la pratiquer que pour faire plaisir (jamais pour en retirer du plaisir), et si possible pour obtenir un truc en échange.

http://images.wikia.com/teenbeachmovie/images/7/75/Eyeroll.gif

Cela dit, encore plus dangereux que les scènes pro de painal, il y a les amateurs et semi-amateurs, où là la fille fait beaucoup moins semblant. De toute façon, globalement, tout le porno amateur me fait très très peur. Je suis d’avis qu’il y a des pratiques en dessous desquelles il faudrait indiquer : N’essayez pas ça chez vous. Mais bon, on ne peut pas empêcher les gens de faire ce qu’ils veulent. On se retrouve donc avec des filles littéralement en pleurs, filmées caméra au point par leur mec ou par deux ou trois types louches qui ont l’impression de réaliser un Dorcel dans la cuisine de Mamie. Ça fait froid dans le dos.

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- Les pratiques exotiques

Loin de moi l’idée de juger qui que ce soit, tu le sais bien, chacun voit midi à sa porte et tant que tout le monde est majeur, capable d’exercer un jugement et consentant, je ne vois pas où est le problème. C'est donc simplement une forme de curiosité qui s’empare de moi face à quelques niches ultra spécifiques sur lesquelles il m’arrive parfois de tomber. Le lait maternel, les femmes qui tirent leur lait : WTF ? Ça te rappelle ta Maman ?

http://static.fjcdn.com/gifs/best...gif..ev.......what+was+i+saying_9e7120_3566844.gif

Toutes les vidéos regroupées sous le tag prolapse qui concernent le prolapsus rectal; alors là je t’invite à suivre le lien si tu veux, je n’ai pas spécialement envie d’expliquer. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’on y voit des femmes se frotter les parois du rectum entre elles et que c’est très perturbant.

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Les fuck machines : une actrice se fait pénétrer par un gode planté sur une machine très steampunk qui opère un mouvement de va-et-vient en grinçant. Peut-être qu’un jour, ce sera ça faire l’amour ?

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Le porno allemand amateur : seriously. C’est marrant, mais on arrive rapidement à reconnaître le porno allemand des autres pornos amateurs. Je ne sais pas exactement pourquoi, ça tient à quelques détails. Les poils, déjà (souvent). La pratique du fist (mettre la main entière dans l’orifice de ton choix). C’est fou comme ça a l’air répandu Outre-Rhin ça dis donc. Les femmes qui poussent de grands cris d’encouragement dans la langue de Goethe. Toute une atmosphère particulière.

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- Le gagging & autres jeux BDSM

La définition : il s’agit cette fois d’étouffer la jeune femme avec sa verge (qu’est-ce que j’arrive à être classe en parlant de porno, c’est fou). Le mec s’emploie donc à la pousser le plus profondément possible et parfois à maintenir la tête de la fille en place, pendant que celle-ci commence inévitablement à avoir envie de vomir et à pleurer un peu (c’est un réflexe anatomique).

http://sarahsaysreadbooks.files.wordpress.com/2013/01/wtf.gif?w=500&h=275

Encore une fois, dans le cadre du BDSM, pourquoi pas, c’est un jeu domination/soumission comme un autre. Le souci, c’est que cette pratique se retrouve dans de plus en plus de vidéos autrement très mainstream. Je dirai à vue de nez qu’une scène de fellation sur trois comporte aujourd’hui un passage gagging, sur l’ensemble du contenu de PornHub. Ça peut être avant ou après une scène de sexe relativement normale, mais ça y sera. C’est étrange comme des pratiques de plus en plus hardcore vis-à-vis de l’actrice se normalisent petit à petit, alors qu’elles faisaient avant l’objet d’une recherche précise ou bien qu’elles se cantonnaient à des sous-genres plus « avertis », comme le BDSM. Exemples : le gagging, donc. Les crachats dans la figure, sur la poitrine. Les petites gifles pendant l’acte ou pendant la fellation. La fessée (mais ça fait longtemps). L’anal, justement (aujourd’hui, une scène de sexe qui ne se termine pas par une petite sodomie, c’est comme un café sans petit chocolat). Le tirage de cheveux, le fait de bloquer les bras de sa partenaire. L’éjaculation faciale (c’est dû aussi au fait que visuellement c’est très joli tout ce blanc, et ça permet de mettre un point final en filmant la jouissance masculine, qui est bien sûr le centre de la vidéo. C’est elle qui décide quand tout commence et quand tout s’arrête). Tout ceci vient constituer un grand sous-genre intitulé Rough (on va traduire par « brut de décoffrage », approximativement) qui prend de plus en plus de place par rapport au sexe plus classique, vu par comparaison comme Soft.

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Et en tant que consommatrice de porno depuis une dizaine d’années, cette direction prise il y a déjà un bon bout de temps me dérange. J’aimerais qu’on fasse de bons pornos excitants sans crachat ni sodomie. Rien qu’en relisant ma phrase, j’ai du mal à y croire. Comme si pour avoir sa dose d’adrénaline, il fallait pousser plus loin dans les pratiques. Alors que ce qui est vraiment excitant dans le porno, ce qui compose le noyau de l’excitation et te donne chaud en dessous de la ceinture, ce n’est ni le nombre de partenaires, ni les pratiques filmées, ni la taille de la bite du mec ou des seins de la fille. C’est ta faculté à y croire et à entrer dans la scène, déjà. Ça, ça demande un certain talent de réalisateur et une attention même minime portée au contexte, juste pour poser un cadre, pour t’aider à te mettre dans l’ambiance. Et puis, c’est arriver à montrer des gens qui perdent pied. Enfin, qui font semblant parce que ça reste des acteurs, mais qui font bien semblant. Qui gardent un certain naturel, qui font comme s’il n’y avait pas de caméra (d’ailleurs, on oublie l’actrice qui s’adresse à la caméra, on oublie les gros plans de pénétration de cinq minutes). On s’en fout de tout ça. Moi je veux voir des visages. Je veux voir des regards qui se cherchent, je veux voir des regards qui se perdent. Je veux voir des baisers d’acteur, je veux voir des mains qui se crispent sur un drap. Je veux entendre des souffles, je veux entendre le bruit des peaux qui se cognent (comment peut-on mettre de la musique sur un porno ? Ça n’a aucun sens). Je veux voir les corps de loin, les attitudes, les postures, plutôt que des gros plans vides de sens. Bref, je veux faire travailler mes fantasmes et mon imagination.

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Et quand je ne trouve pas ce que je veux, j’ai tendance à aller toujours plus loin dans le trash, pour satisfaire mon regard blasé. J’en viens donc à consommer du porno à mille lieux du sexe que j’aime pratiquer en réalité. Certes, le porno ce n’est pas censé être comme le sexe, tout comme le cinéma ce n’est pas la réalité. Mais je pense que l’industrie gagnerait à revenir aux bases, à chercher l’épuré et le minimaliste. Parfois, j’en viens à préférer lire des histoires plutôt qu’à regarder du porno, parce que je rentre mieux dans la scène à travers les détails, les descriptions et la montée en puissance d’une histoire bien construite, par rapport à une scène de cinq minutes sans contexte, subtilité ou substance.

Bon. Voilà, ça s’est transformé en lettre ouverte à Monsieur Porno, pour de meilleurs cunnis, des scènes de meilleure qualité et moins de painal. Mais pour en avoir discuté avec pas mal d’amiEs, pas mal d’hommes et de femmes hétéros (je ne sais pas parler pour les autres) aimeraient voir plus souvent ce type de pornos.

 

Y’a plus qu’à – on s’y met quand ?

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